Flávio Bolsonaro : fuir ses responsabilités, pas la persécution

Flávio Bolsonaro aurait pu incarner une opposition démocratique légitime au gouvernement Lula. Il aurait pu accepter le verdict des urnes, défendre ses convictions et organiser politiquement les millions de Brésiliens qui ont voté pour lui.

Il a choisi une autre voie : quitter le Brésil, malgré les restrictions judiciaires pesant sur ses déplacements et l’obligation de remettre ses passeports. “Reuters” (https://www.reuters.com/world/americas/brazil-wonders-where-earth-is-flavio-bolsonaro-2026-10-27/) et “Agência Brasil” (https://agenciabrasil.ebc.com.br/politica/noticia/2026-10/policia-federal-cancela-passaportes-de-flavio-bolsonaro) documentent les faits.

Pendant qu’il dénonce une prétendue persécution politique et entretient des accusations de fraude électorale non démontrées, une autre réalité apparaît : plus de 2 000 signalements de harcèlement électoral ont été enregistrés en 2026 par le ministère public du Travail. Menaces de licenciement, intimidations et représailles liées aux choix politiques des salariés font partie des pratiques dénoncées. Ces signalements ne constituent pas tous des violations établies, mais leur ampleur mérite une réponse ferme.

“Source : Ministério Público do Trabalho” (https://prt7.mpt.mp.br/informe-se/noticias-do-mpt-ce/3678-mpt-ce-continua-recebendo-denuncias-de-assedio-eleitoral-apos-as-eleicoes)

Le contraste est saisissant : Bolsonaro se présente comme une victime du système judiciaire alors qu’il se soustrait à une décision de justice. Les soupçons qui le visent doivent être examinés dans le respect de ses droits, comme pour n’importe quel citoyen.

La démocratie ne persécute pas un candidat parce qu’il perd une élection. Elle exige simplement qu’il réponde de ses actes devant la justice.

Et pendant ce temps, Flávio Bolsonaro contribue à construire le mythe de sa propre persécution. Un récit politique qui peut servir à mobiliser ses partisans, à entretenir la méfiance envers les institutions et à remettre en cause un résultat électoral qui, malgré les controverses de dernière minute, n’a pas été invalidé.

On ne peut pas reconnaître la légitimité du système électoral uniquement lorsqu’il vous donne la victoire, puis le déclarer frauduleux dès qu’il vous donne tort.

Il y a d’ailleurs quelque chose de profondément ironique dans cette séquence. Malgré ses tensions, ses imperfections et ses profondes divisions politiques, le Brésil montre des institutions capables de résister aux pressions et de faire respecter le processus démocratique.

À certains égards, cette résistance institutionnelle contraste favorablement avec les fragilités révélées aux États-Unis, notamment face aux tentatives de délégitimation électorale. De quoi écorner un peu plus le mythe autoproclamé de « la meilleure démocratie du monde » ©®™.

Flávio Bolsonaro n’a pas à fuir Lula, le PT ou le peuple brésilien. Il doit répondre de ses actes devant la justice de son pays.

Ce n’est pas la défaite électorale qui le poursuit. Ce sont les responsabilités auxquelles il tente de se soustraire.

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